Infarctus du myocarde

Sommaire

L'infarctus du myocarde, ou IDM, plus couramment appelé « crise cardiaque », est une urgence cardiologique qui peut engager le pronostic vital. Il est responsable de la mort de 50 000 personnes chaque année en France. Cependant, le taux de mortalité liée à l'infarctus tend à diminuer grâce à la rapidité de prise en charge par les secours, mais aussi grâce à une sensibilisation du grand public aux gestes de premiers secours.

Important : face à un infarctus du myocarde, prévenez immédiatement le 15 (SAMU) ou le 18 (pompiers). Sachez également que l'application pour smartphone SauvLife (qui fonctionne sur les territoires des SAMU des Hauts-de-France, de Paris et de Lyon) permet de géolocaliser la victime et les quatre personnes les plus proches susceptibles d'intervenir.

Définition et mécanisme de l'infarctus du myocarde

L'infarctus du myocarde est une urgence cardiologique absolue. Il entraîne la mort de cellules d'une partie du muscle cardiaque.

L'infarctus se produit lorsqu'une ou plusieurs artères coronaires (artères du cœur) se bouchent. Les cellules du myocarde, irriguées par les artères coronaires, ne sont alors plus oxygénées.

Lorsque les plaquettes du sang sont mal oxygénées, elles s'agrègent et forment un thrombus ou caillot sanguin. Ce processus libère des substances « thrombogènes », qui déclenchent une deuxième réaction : le spasme coronaire, c'est-à-dire la réduction brutale du diamètre artériel. Ces deux mécanismes s'associent et s'entretiennent mutuellement. Chacun renforce l'activité de l'autre : il s'agit de la forme la plus courante de l'occlusion coronaire.

Bon à savoir : au-delà d'un temps évalué à 4 heures, les cellules musculaires du cœur meurent. Le facteur temps est donc l'élément prioritaire dans la prise en charge et le pronostic vital de l'infarctus du myocarde.

À noter : l’apparition d’une maladie coronaire serait associée à une accélération de l’altération des fonctions cognitives dans les années suivant le diagnostic.

Qu'avez-vous pensé de la vidéo ?  

Chiffres de l'infarctus du myocarde en France

Chaque année, en France, 50 000 personnes meurent d'infarctus du myocarde (le taux de survie est de 5 %).

Environ 60 000 personnes touchées par un infarctus du myocarde (IDM) sont hospitalisées en France.

On compte 30 000 infarctus diagnostiqués par la mort subite du patient, atteint sans le savoir.

Près de 50 % des femmes de moins de 60 ans victimes d'un IDM n'ont pas ressenti les symptômes classiques (douleurs dans la poitrine irradiant dans le bras gauche et la mâchoire).

La mortalité hospitalière est de 7 % avant 70 ans et elle est plus élevée au-delà.

Environ 10 % des patients ayant eu un infarctus décèdent dans les 3 ans qui suivent.

Remarque : l'infarctus du myocarde est responsable de 50 millions décès dans le monde chaque année. Si la mortalité liée à l'infarctus a baissé de 30 % en 10 ans en Europe de l'ouest ainsi qu'aux USA, en revanche, le nombre de personnes qui en sortent avec des séquelles neurologiques ne diminue pas.

Lire l'article

Infarctus du myocarde chez la femme

Le nombre d’hospitalisations pour infarctus du myocarde a progressé chez les femmes de 45-54 ans : de 3 % entre 2002 et 2008, il est passé à 4,8 % entre 2009 et 2013 et le chiffre augmente de 5 % chaque année ces dernières années. De fait, le nombre de crises cardiaques chez la femme de moins de 50 ans a triplé au cours des 20 dernières années, au point de devenir la première des causes de décès cardiovasculaires chez la femme (plus d'une femme sur trois meurt des suites de complications cardiovasculaires dont l'infarctus).

En effet, les femmes ayant de plus petites artères que les hommes, elles sont plus difficiles à revasculariser, plus fines, plus fragiles et plus sensibles aux effets toxiques du tabac, mais aussi du cholestérol, du diabète et du stress. Or, les femmes de moins de 60 ans ont adopté les mêmes comportements à risque que les hommes. Ainsi, 60 % des infarctus du myocarde chez la femme de moins de 60 ans sont dus au tabac.

Remarque : pourtant, les femmes ne sont pas suffisamment conscientes qu'un accident coronaire peut les toucher et elles ont tendance à sous-estimer d'éventuelles douleurs. De plus, la plupart d'entre elles continuent à se considérer comme protégées des maladies cardio-vasculaires jusqu’à la ménopause, grâce aux hormones. Malheureusement, à la ménopause, la disparition des œstrogènes entraîne une fragilité cardiovasculaire supérieure à celle des hommes.

Lire l'article

Identification des symptômes de l'infarctus du myocarde

Les symptômes de l'infarctus sont assez simples à détecter. Cependant, il existe des formes trompeuses d'infarctus, dont les symptômes diffèrent de ceux de la forme dite « aiguë ».

Symptômes de la forme aiguë de l'infarctus

Le premier symptôme de l'infarctus du myocarde et le plus facile à distinguer, est la forte douleur ressentie dans la cage thoracique. Cette douleur concerne la région rétro-sternale (derrière le sternum). Elle est violente et inhabituellement intense.

Cette douleur est comparable à la sensation liée à un étau broyant la cage thoracique. Elle irradie dans le dos, la mâchoire, les épaules, le bras, la main gauche, l'estomac. Angoissante, cette douleur entraîne des difficultés à respirer.

Il s'agit de la forme typique de l'infarctus du myocarde. Néanmoins des formes asymptomatiques (sans les symptômes habituels) existent.

Formes trompeuses de l'infarctus du myocarde

Il existe des formes dites « trompeuses » d'infarctus du myocarde, dont les symptômes ne sont pas ceux observés habituellement.

On distingue : des formes particulières, digestives, avec douleurs épigastriques (région de l'estomac), sueur, malaise, douleur vagale, chaleur, éructations, des formes limitées à un malaise oppressant (essoufflement aigu inexpliqué), des chocs cardiogéniques au cours desquels le pouls et la tension sont imprenables, des troubles du rythme cardiaque (palpitations, malaise) et des formes psychiatriques : désorientation brutale, fièvre.

Chez la femme, les principaux symptômes sont également atypiques (surtout avant 65 ans, ce qui représente un cas sur deux) : sensation d’épuisement, essoufflement à l’effort, nausées et troubles du sommeil.

Dans toutes ces manifestations asymptomatiques ou trompeuses, chez les femmes et chez les personnes qui présentent au moins un facteur de risque cardiovasculaire (tabac, stress, sédentarité, hypertension artérielle, cholestérol, diabète, etc.), il est nécessaire de pratiquer un électrocardiogramme (ECG) pour confirmer ou rejeter le diagnostic d'infarctus du myocarde.

Important : il existe également des infarctus silencieux, qui n'entraînent aucun des symptômes classiques et qui sont beaucoup plus fréquents que ce qu'on croyait jusqu'alors, puisqu’ils représentent environ 45 % des infarctus diagnostiqués.

Lire l'article

Réaction face à un infarctus du myocarde

Prise en charge rapide

Quelle que soit la forme de l'infarctus, il faut prévenir les secours (15 pour le SAMU et 18 pour les pompiers ou le 112), car la prise en charge médicale doit être la plus rapide possible.

À noter : le 114 est le numéro d’appel d’urgence pour les sourds et malentendants. Il est accessible par SMS, fax, l’application « Urgence 114 » ou le site internet www.urgence114.fr.

Si la personne fait un malaise, il faut la mettre dans la position où elle se sent le mieux (en général, position allongée) ou PLS (position latérale de sécurité), la questionner sur ce qu'elle ressent (antécédents, moment de la survenue du malaise) et prévenir le 15 (urgences) ou le 18 (les pompiers) en transmettant le maximum d'informations recueillies.

Si la personne fait un arrêt cardiaque, il faut la protéger des risques environnants si nécessaire (passants, circulations, etc.), prévenir immédiatement les secours, pratiquer le massage cardiaque en attendant les secours, utiliser un défibrillateur automatique si un appareil est proche de vous.

À noter : la loi n°2018-527 du 28 juin 2018 impose aux ERP (établissements recevant du public) de s'équiper d'un défibrillateur cardiaque automatisé externe visible et facile d'accès (article L.157-2 nouveau du Code de la construction et de l'habitation). Le décret n°2018-1186 du 19 décembre 2018 précise les types d'ERP concernés par cette obligation et le calendrier de mise en application. Un arrêté du 29 octobre 2019 définit les modalités de signalisation des défibrillateurs automatisés externes (affichage, indication de l’emplacement, étiquette sur le boitier, etc.). Lorsque plusieurs ERP sont situés sur un même site géographique ou placés sous une direction commune, un défibrillateur automatisé externe peut être mis en commun. La réponse ministérielle Rolland, publiée le 27 août 2019 (question n° 20882), préconise un positionnement permettant de bénéficier de la défibrillation en moins de 15 minutes dans chaque ERP.

Bon à savoir : dans le cadre d’une sensibilisation de la population aux gestes de premiers secours, un arrêté du 30 juin 2017 (modifié par arrêté du 17 juillet 2019) a institué une sensibilisation aux « gestes qui sauvent » (GQS) par les services d'incendie et de secours, ainsi que par certaines associations agréées et par les organismes habilités à la formation aux premiers secours. Cette sensibilisation, qui donne lieu à la délivrance d'une attestation, est dispensée en présentiel, sur une durée de deux heures et a notamment pour objet l’acquisition des connaissances nécessaires pour réagir face à une victime en arrêt cardiaque et pour utiliser un défibrillateur automatisé externe. Sont également concernés par cette courte formation les salariés qui partent à la retraite, et ce pendant l'horaire normal de travail (article D. 1237-2-2 du Code du travail).

La loi n°2020-840 du 3 juillet 2020 a créé le statut de citoyen sauveteur. Il concerne « quiconque porte assistance de manière bénévole à une personne en situation apparente de péril grave et imminent » (article L.721-1 du Code de la sécurité intérieure). Ce statut de collaborateur occasionnel du service public permet au citoyen sauveteur d’être exonéré de toute responsabilité civile lorsqu'il résulte un préjudice du fait de son intervention (sauf en cas de faute lourde ou intentionnelle de sa part).

Recherche d'ischémie par électrocardiogramme

L'interprétation d'un électrocardiogramme (ECG) s'attache à rechercher, parmi 12 dérivations, les signes concordants d'ischémie myocardique (dette d'oxygénation et nécrose du muscle cardiaque).

Ces 12 dérivations sont autant d'« angles de vue » qui explorent différentes zones du cœur : la paroi antérieure, le septum inter-ventriculaire, la paroi latérale, la paroi inférieure, le ventricule droit.

S'il y a ischémie, il doit exister une ou plusieurs zones du muscle cardiaque qui souffrent. L'électrocardiogramme permet de montrer quelles sont les zones qui souffrent en contraste avec les zones restées saines.

L'électrocardiogramme consiste donc en une approche topographique. Il recherche le lieu où s'est produit l'infarctus. Il détecte ainsi le centre de l'ischémie (où elle est la plus profonde), les zones adjacentes ou d'extension et les modifications induites par la nécrose concernent le complexe QRS (correspondant à la contraction des ventricules et de la repolarisation qui correspond à la relaxation des ventricules).

Lire l'article

Facteurs de risques et prévention de l'infarctus du myocarde

Facteurs de risque

Les facteurs de risques essentiels qui peuvent mener à l'infarctus du myocarde ou IDM sont :

  • le tabac (risque multiplié par 3 chez les fumeurs chroniques et multiplié par 1,6 chez les fumeurs de 1 à 9 cigarettes par jour, indépendamment du type de tabac et les femmes sont plus sensibles à ses effets néfastes que les hommes) ;
  • l'excès de cholestérol (indicateur très fiable chez les femmes à partir de 50 ans) ;
  • le stress ;
  • le sexe masculin ;
  • l'hérédité ;
  • le diabète (responsable chaque année en France de 12 000 hospitalisations pour infarctus du myocarde) ;
  • les maladies parodontales (les traiter diminuerait de 14 % le risque de décès par infarctus) ;
  • l'hypertension artérielle (plus particulièrement associée à l'infarctus chez la femme) ;
  • la consommation prolongée et/ou répétée d'inhibiteurs de la pompe à proton (augmentation de 20 % du risque d'infarctus quel que soit l'âge).

À noter : 58 % des IDM chez les hommes de moins de 55 ans sont dus au tabac et près d'un tiers sont dus au stress. Ce dernier constitue le troisième facteur de risque majeur, quasiment à égalité avec le tabagisme et l'excès de cholestérol.

On associe d'autres facteurs environnementaux :

  • l'exposition à l'air pollué, notamment à la pollution routière ;
  • le stress au travail (23 % du risque d'infarctus en cas d'exposition à un stress au travail, par rapport aux personnes non exposées à ce type de stress) ;
  • la sédentarité (insuffisance d'activité physique régulière) ;
  • le temps passé devant la télévision (selon une étude britannique ceux qui regardent la télévision plus de quatre heures par jour sont les plus exposés au risque de maladies coronariennes) ;
  • l'insomnie ;
  • la déshydratation (en augmentant la viscosité du sang, elle double les risques de survenue d'infarctus).

Bon à savoir : l'Association médicale américaine du cœur, l'AHA, considère que la dépression devient facteur de risque après un premier infarctus.

Prévention de l'infarctus

Pour limiter au maximum les risques d'infarctus du myocarde il faut pratiquer une activité sportive régulière et privilégier une alimentation saine et équilibrée. D'une manière générale, le tabagisme, l'obésité, le stress, l'absence d'activité physique et une alimentation déséquilibrée (viande rouge, charcuterie entre autres) augmentent significativement les risques d'infarctus.

Avoir une bonne hygiène de vie a autant d'impact sur le risque qu'un faible facteur génétique. La prévention et le dépistage permettraient en effet d'éviter 80 % des décès.

Les fruits, les légumes, les graisses de type Oméga 3 et Oméga 6 renforcent les parois cellulaires cardiaques. Les fruits et légumes bios, les Oméga 3 et 6 et, d'une manière générale, les antioxydants, préviennent l'oxydation du cholestérol et empêchent l'apparition de maladies cardiovasculaires.

Le poisson notamment est riche en oméga-3 et consommer l’équivalent de 100 g de sardines par jour réduirait les risques d’AVC et surtout de crise cardiaque. En micronutrition, on préconise aussi l'huile de krill.

Bien entendu il faut également éviter de fumer et faire tout son possible pour limiter les excès de stress.

En phytothérapie et sous forme de compléments alimentaires, vous pouvez avoir une action préventive avec des plantes, comme l'ail et l'ail noir, les feuilles d'olivier, les antioxydants : caroténoïdes, procyanidines (Pycnogénol®), flavonoïdes (quercétine, anthocyanes, resvératrol, curcumine...). Vous pouvez aussi vous tourner vers la coenzyme Q10 ou encre l'acide folique méthylé. En gemmothérapie, on préconise le cornouiller sanguin, le lilas ou l'aubépine.

Bon à savoir : les jeunes hommes ayant l’IMC le plus élevé à 18 ans présenteraient jusqu'à 3,5 fois plus de risque de faire une crise cardiaque avant 65 ans que ceux ayant un IMC compris entre 18,5 et 20 (source : Aberg M et al. Body weight in adolescent men in Sweden and risk of an early acute coronary event. ESC 2019. 3 September 2019).

Ces pros peuvent vous aider