Faire un massage cardiaque

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Lors d’un arrêt cardiaque, les chances de survies diminuent de 7 à 10 % à chaque minute qui s’écoule sans secours. Pourtant, peu de personnes osent réaliser un massage cardiaque, renonçant à essayer de sauver la vie de quelqu’un, par peur ou parce qu’ils ne savent pas faire un massage cardiaque.

Avant de commencer le massage cardiaque, prévenez le SAMU (15) ou les pompiers (18).

Le 112 est le numéro d’urgence européen et le 114 le numéro d’appel d’urgence pour les sourds et malentendants (accessible par SMS, fax, l’application « Urgence 114 » ou le site internet www.urgence114.fr).

Précisez-leur l’endroit précis où vous vous trouvez (rue, numéro et éventuellement digicode), votre numéro de téléphone et l’état de la victime. N’hésitez pas à demander le renfort de la police si la victime se trouve dans un endroit dangereux (bord de route fréquentée par exemple). Les secours arriveront dans les 20 min maximum après votre appel, généralement dans les 7 min…

Attention, lorsque vous appelez les secours, ne raccrochez jamais en premier !

Le bouche-à-bouche n’est pas nécessaire dans un premier temps. En revanche, si le massage dure plus de 4 min, procédez à deux insufflations toutes les 30 compressions.

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1. Sécurisez l’environnement

La première chose à faire en cas d’arrêt cardiaque est de vérifier que l’environnement de la victime ne présente pas de danger : en effet, si vous vous blessez en allant lui porter secours, cela ne servira à rien.

Par exemple, si la victime fait un arrêt cardiaque à cause d’une intoxication à un gaz, si vous lui portez secours sans réfléchir, vous ne ferez qu’augmenter le nombre de victimes.

Ne vous mettez jamais en danger pour porter secours à quelqu’un !

Bon à savoir : depuis le 21 avril 2021, les salariés peuvent bénéficier, avant leur départ volontaire à la retraite, d'une sensibilisation à la lutte contre l'arrêt cardiaque et aux gestes qui sauvent. Un des points abordés au cours de cette sensibilisation permet d’acquérir les compétences pour assurer sa propre sécurité, celle de la victime ou de toute autre personne et transmettre au service de secours d'urgence les informations nécessaires à son intervention.

2. Détectez les signes de l’arrêt cardiaque

Avant de commencer le massage cardiaque, vérifiez l’état de la victime. Si elle respire, il n’est pas nécessaire de faire un massage cardiaque : ce serait plus douloureux qu’utile. Placez-la plutôt en PLS.

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Pour vérifier qu’une personne est en arrêt cardiaque, pratiquez ces quelques tests :

  • Pour savoir si la victime est consciente :
    • Donnez-lui un ordre simple, comme « Ouvre les yeux » ou « Serre-moi la main ».
    • Posez-lui une question simple, comme « Comment ça va ? » ou « Est-ce que tu m’entends ? ».
    • Si la victime ne réagit pas, elle est inconsciente.
  • Vérifiez ensuite si la victime respire :
    • Appuyez sur son front doucement avec une de vos mains.
    • Dans le même temps, avec le pouce et l’index, soulevez le menton pour repousser la langue hors des voies respiratoires.
    • Penchez-vous vers la victime et vérifiez si vous entendez ou si vous sentez la respiration sur votre visage.
    • Vérifiez si la poitrine de la victime se soulève et s’abaisse.
    • Si la victime ne respire pas, il faut pratiquer un massage cardiaque et sans doute du bouche-à-bouche.
  • Vérifiez le pouls de la victime au poignet, à la carotide ou à l’aine. Si elle n’en a pas, un massage cardiaque s’impose.

3. Pratiquez le massage cardiaque

Notez l’heure du début de l’arrêt cardiaque : cette information pourra être vitale au moment de l’arrivée des secours.

Pour pratiquer le massage cardiaque 

  • Allongez la victime sur une surface dure, en général par terre. Le massage cardiaque ne doit pas être effectué dans un lit.
  • Dénudez la poitrine de la victime.
  • Agenouillez-vous auprès d’elle.
  • Pour trouver l’endroit où appuyer :
    • Placez l’un de vos majeurs dans le creux à la base du cou.
    • Placez le majeur de votre deuxième main dans le creux de l’estomac, là où les côtes se rejoignent.
    • Rapprochez vos deux pouces. La zone d’appui se trouve à mi-chemin entre vos deux majeurs.
  • Placez le talon de votre main (la partie la plus proche du poignet) sur la zone d’appui, bien au milieu de la poitrine, jamais sur les côtes.
  • Mettez votre deuxième main sur la première, en entrecroisant les doigts.
  • Placez-vous bien à la verticale de vos bras, et verrouillez vos coudes.
  • Poussez vos mains rapidement vers le bas, afin de les enfoncer le 4 à 5 cm dans la poitrine de la victime.
  • Répétez ce mouvement 100 fois par minute, soit environ 2 compressions par secondes.
  • Si vous êtes plusieurs, demandez à une personne de prendre le pouls de la victime pendant le massage pour vérifier qu’il est efficace. Si vous êtes seul, faites une pause pour vérifier si le pouls est revenu. Ne continuez pas le massage si le cœur est reparti.

Note : ne balancez pas votre tronc d’avant en arrière pendant la manœuvre, restez bien vertical par rapport au sol.

Si le cœur ne repart pas, continuez pendant 4 min (soit environ 400 compressions). Si l’état de la victime ne s’améliore pas, il faudra pratiquer le bouche-à-bouche pour éviter la détérioration des cellules du cerveau causée par le manque d’oxygénation.

Bon à savoir : la loi n° 2020-840 du 3 juillet 2020 a créé le « statut de citoyen sauveteur ». Il concerne « quiconque porte assistance de manière bénévole à une personne en situation apparente de péril grave et imminent » (article L. 721-1 du Code de la sécurité intérieure). Le statut de collaborateur occasionnel du service public lui permet d’être exonéré de toute responsabilité civile lorsqu'il résulte un préjudice du fait de son intervention (sauf en cas de faute lourde ou intentionnelle de sa part).

À noter : un arrêté du 30 juin 2017 (modifié par arrêté du 17 juillet 2019) a institué une sensibilisation aux « gestes qui sauvent » (GQS) par les services d'incendie et de secours, ainsi que par certaines associations agréées et par les organismes habilités à la formation aux premiers secours. Cette sensibilisation, qui donne lieu à la délivrance d'une attestation, est dispensée en présentiel, sur une durée de deux heures et a notamment pour objet l’acquisition des connaissances nécessaires pour réagir face à une hémorragie externe. Les salariés peuvent ainsi bénéficier, avant leur départ volontaire à la retraite, d'une sensibilisation à la lutte contre l'arrêt cardiaque et aux gestes qui sauvent. Cette sensibilisation se déroule pendant l'horaire normal de travail (article D. 1237-2-2 du Code du travail, applicable au 21 avril 2021).

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