Coma artificiel

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État médical de « mise en pause » de la conscience par un procédé volontaire de l'équipe médicale, le coma artificiel ne doit pas être confondu avec le coma « spontané » souvent causé par un dysfonctionnement cérébral post-traumatique. Dans quelles situations ce type de sédation est-il utilisé et quelle est son évolution ? Les réponses avec PagesConseils.

Coma artificiel : définition

Qu'est-ce que le coma ?

Le coma correspond à la forme la plus sévère d’altération de la conscience.

Un patient dans le coma paraît endormi, mais il ne réagit à aucune stimulation, même douloureuse. Cet état, généralement transitoire, peut s’observer dans un grand nombre de maladies, neurologiques ou non. Il est généralement impossible de prévoir à quel moment l'état de conscience va redevenir normal.

Spécificités de ce coma

À l'inverse, ce type de « sédation » ou « sédation-analgésie » est un acte décidé par une équipe de médecins dans certains cas et destiné à :

  • assurer le confort physique et psychique du patient ;
  • faciliter les techniques de soin ;
  • administrer des médicaments (antibiotiques) parfois douloureux sans impact sur le patient ;
  • faciliter la respiration des patients traumatisés ;
  • protéger le cerveau des agressions extérieures ;
  • préserver les cellules nerveuses ;
  • maintenir la pression intracrânienne à un niveau stable en l'empêchant de trop augmenter.

Comme sous l'effet d'une anesthésie, le corps plongé dans ce type de coma permet de mettre au repos les fonctions vitales en les empêchant de trop puiser dans leur réserve, de consommer de l'énergie en demandant de l'oxygène et ainsi d'éviter une réponse trop agressive du corps contre le traumatisme subi, ou les dysfonctionnements cardio-vasculaires.

Bon à savoir : le terme « coma » vient du grec « koma » qui signifie « sommeil profond ».

Procédure de mise en coma artificiel

Il s’agit d’une technique médicale utilisée dans certaines situations de détresse vitale pour mettre le patient en état de perte de conscience. Cette procédure est généralement mise en œuvre dans un hôpital, plus précisément dans les services de réanimation.

Elle commence par une évaluation approfondie du patient par le médecin. Celui-ci détermine le type de sédation qui convient le mieux à son patient et s’assure qu’il est à l’aise avec cette idée avant de la mettre en œuvre.

L’équipe médicale administre alors un cocktail de médicaments hypnotiques, de morphiniques ou de curares par voie intraveineuse, provoquant un sommeil profond comparable à une anesthésie générale.

Durant cette phase, les fonctions vitales du patient, comme la respiration, sont prises en charge par des machines. En effet, les personnes sont intubées afin de maintenir une assistance respiratoire : la machine prend le relais des poumons.

L’objectif étant de mettre au repos les fonctions vitales du patient en les empêchant de trop puiser dans les réserves d’énergie. Cela permet d’aider le corps dans son processus de guérison contre le traumatisme subi ou les dysfonctionnements cardio-vasculaires. Les soins médicaux en sont également facilités.

À noter : cette procédure peut également être instaurée dans un but anesthésique afin de diminuer les sensations douloureuses pendant la phase de traitement.

La durée est très variable, de quelques heures à plusieurs semaines, et déterminée par les soins. Évidemment, elle doit être la plus courte possible.

En France, notamment à Paris, la recherche médicale continue d’explorer cette technique pour améliorer la prise en charge des patients en situation de crise médicale. Les symptômes et les effets secondaires font l’objet de nombreuses recherches dans le but d’améliorer la santé et le réveil des patients.

Indications d'un coma artificiel

Un patient est le plus souvent placé dans ce coma dans les cas suivants :

Outre la mise en place d'une sédation, ce coma comprend également la mise en place d'une hypothermie thérapeutique : il s'agit alors de baisser la température du corps humain (généralement à 37 degrés) entre 32 et 34 degrés. Ce refroidissement permet de mettre au repos certaines fonctions vitales comme le cerveau.

Les médecins diminuent ainsi l'activité cellulaire pour diminuer les dégâts et l'apparition de certaines séquelles irréversibles. Pour cela, ils utilisent un cocktail d'hypnotisants, de morphiniques ou de curares.

Évolution et complications du coma artificiel

Lorsque les constantes vitales d'un patient plongé dans ce type de coma redeviennent normales, on peut commencer progressivement à arrêter l'administration de sédatifs et à faire remonter la température corporelle. Les phases durent en moyenne de 24 à 48 h. Il est pourtant possible de prolonger le coma pendant une ou deux semaines, en alternant les phases de réveil et de retour au coma.

Cependant, plus la durée du coma pharmacologique est longue, plus les risques pour le malade de ne pas se réveiller sont importants. Quelques séquelles peuvent exister dues à cet état prolongé :

  • une perte de la masse musculaire très rapide (puisque les sédatifs paralysent l'activité musculaire) ;
  • une exposition aux infections nosocomiales à cause d'un déficit en défenses immunitaires (des antibiotiques peuvent être administrés de façon préventive).

La phase de réveil sera étroitement surveillée et une rééducation sera parfois mise en place afin de pallier la perte musculaire, les difficultés à s'alimenter, et de favoriser la reprise d'une respiration autonome.

En conclusion

  • Le coma artificiel est une technique médicale qui met le patient dans un état de perte de conscience pour protéger son cerveau en cas de traumatisme ou de maladie grave.
  • Cette procédure est réalisée à l’hôpital, généralement en réanimation. Pour cela, des médicaments sont administrés par voie intraveineuse. Pendant cette phase, les fonctions vitales du patient sont prises en charge par des machines.
  • Il est utilisé dans des situations de détresse vitale, comme un traumatisme cérébral sévère, une crise de santé grave, pour soulager la souffrance lors d’un traitement médical intensif et faciliter ainsi les soins.
  • La durée varie en fonction des besoins du patient. Le réveil est une phase délicate qui nécessite une surveillance médicale attentive. Des complications peuvent survenir, notamment des lésions cérébrales.

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