Accident vasculaire cérébral

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Face à un accident vasculaire cérébral, prévenez immédiatement le 15 (SAMU), le 18 (pompiers), le 112 ou le 114 (numéro d’appel d’urgence pour les sourds et malentendants, accessible par SMS, fax, l’application « Urgence 114 » ou le site internet www.urgence114.fr). L'accident vasculaire cérébral est en effet une urgence vitale. Il faut savoir en repérer les symptômes et connaître les bons gestes à pratiquer rapidement.

À noter : l'AVC touche plus de 150 000 personnes par an, soit un toutes les 4 minutes (110 000 hospitalisations et 30 000 décès), et il est la première cause de handicap physique chez l'adulte (500 000 personnes vivent avec des séquelles).

Accident vasculaire cérébral : définition

L'accident vasculaire cérébral ou AVC est un déficit neurologique brutal d'origine vasculaire. Il peut être causé par un infarctus - également appelé « ischémie » ou « crise cardiaque » - ou par une hémorragie cérébrale (située dans le cerveau).

L’OMS a modifié en 2017 sa classification et a transféré les maladies cérébrovasculaires (dont l’AVC) du chapitre des maladies circulatoires à celui des maladies neurologiques.

L'AVC peut se déclencher lorsque le débit sanguin dans les branches du réseau vasculaire s'arrête brutalement :

  • quand une artère cérébrale se rompt ;
  • ou quand le débit sanguin est partiellement bloqué par un caillot (cas d'infarctus cérébral, dans 75 % des cas).

Les cellules nerveuses sont alors privées d'oxygène et de sucre, ce qui provoque leur détérioration et leur mort en quelques minutes. C'est pourquoi il faut agir dans les plus brefs délais.

Remarque : si l'AVC avec hémorragie cérébrale n'est pas lié à l'âge, l'AVC d'origine ischémique dépend directement de l'âge de la personne : plus il est élevé, plus les probabilités augmentent.

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Accident vasculaire cérébral : symptômes

Les symptômes varient selon la nature de l'AVC (ischémie ou hémorragie cérébrale), mais aussi selon le lieu et la taille de la lésion cérébrale.

Les symptômes sont donc nombreux :

  • perte de motricité et de la force d'un bras, d'une jambe, de la moitié du visage ou de la totalité du côté du corps (hémiplégie) ;
  • perte de la sensibilité du bras, de la jambe, de la face ou d'un côté du corps (hémiplégie) ;
  • troubles du langage (syndrome de Wernicke), difficulté à trouver ses mots, aphasie, impossibilité d'avaler sa salive, etc. ;
  • perte de la vue (amaurose), diplopie (vision double) ou vision trouble, trouble de l'accommodation ;
  • perte de connaissance, voire coma ;
  • maux de tête violents et intenses, sans signes préalables.

Ces symptômes (lorsqu'ils ne sont pas létaux) peuvent se manifester et s'arrêter aussi soudainement qu'ils sont apparus. Ils peuvent également disparaître en quelques heures : on parle dans ce cas d'« accident ischémique transitoire » (AIT). S'ils persistent, on parle d'« accident vasculaire constitué ».

Bon à savoir : ces troubles transitoires, qui durent à peine quelques minutes, doivent inciter à consulter immédiatement afin qu’on puisse poser le diagnostic et traiter les facteurs de risque d'AVC.

En cas de survie à l'AVC, le processus de récupération est mal connu. Il dure de quelques semaines à plusieurs mois suivant la gravité de l'accident vasculaire cérébral et la rapidité d'intervention sur le patient.

Attention : il est tout à fait possible qu'un accident vasculaire cérébral ne soit précédé d'aucun symptôme.

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Accident vasculaire cérébral : une urgence vitale

Quelle que soit la cause des signes d'AVC, il s'agit d'une urgence vitale, qui doit être traitée le plus rapidement possible.

Voici quelques demandes à faire à la personne pour diagnostiquer rapidement un AVC :

  • lui demander de sourire ;
  • lui demander de lever les bras ;
  • lui demander de dire une phrase simple.

Si une difficulté à répondre à une de ces 3 demandes survient, appelez les secours (15 Samu ou 18 pompiers), car la prise en charge médicale doit être immédiate. Il est également important de noter l'heure du début de la crise.

Attention : une fois les secours alertés, mettez la personne en position latérale de sécurité ou PLS.

Secourisme

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Accident vasculaire cérébral : les facteurs de risque

Les facteurs de risques majeurs sont :

  • une pression artérielle élevée (selon l’Organisation mondiale de la santé, l’hypertension artérielle est responsable de plus de la moitié des accidents vasculaires cérébraux) ;
  • la fibrillation auriculaire (une diminution de la fonction rénale peut augmenter le risque d’accident vasculaire cérébral en induisant une arythmie complète par fibrillation auriculaire) ;
  • l'alcoolisme sévère chronique ;
  • l'âge (augmentation du risque vasculaire) ;
  • la pollution de l'air, environnementale ou domestique (feu de cheminée), qui serait responsable d'environ un tiers des AVC ;
  • une mauvaise hygiène alimentaire ;
  • une mauvaise hygiène bucco-dentaire (les patients atteints de parodontite sont plus susceptibles de développer des maladies cardiaques et notamment des AVC et des endocardites) ;
  • la sédentarité ;
  • l'asthénie, qui augmenterait de 50 % les risques de présenter un AVC ;
  • le tabac, qui double les risques d'AVC, sachant que ces risques augmentent avec le nombre de cigarettes fumées par jour (près de 20 % des AVC sont dus au tabac).

Bon à savoir : une étude indique que, bien que moins nocives que les cigarettes classiques, les cigarettes électroniques augmentent le risque d'AVC de 30 % (source : M. Vindhyal, “Impact on Cardiovascular Outcomes among E-Cigarette Users : A review from National Health Interview Surveys” lors de la 68ème session scientifique de l’American College of Cardiology, mars 2019).

Les facteurs de risques moyens sont :

  • le diabète (le risque est augmenté de 14 % en cas de prédiabète) ;
  • les œstroprogestatifs (pilule contraceptive, hormones) ;
  • les infections (un peu plus de 1 % des infections au virus Zika entraîne un AVC) ;
  • les antécédents familiaux d'accidents cardiovasculaires précoces (AVC mais aussi infarctus du myocarde et mort subite) ;
  • une intervention chirurgicale vasculaire, cardiaque ou neurochirurgie dans le mois qui précède ;
  • une cirrhose (risque augmenté de 24 %) ;
  • la migraine avec aura.

Bon à savoir : dans le mois qui suit une intervention chirurgicale, les risques d'AVC sont augmentés chez les patients migraineux (4,3 ‰) et plus encore chez ceux qui souffrent de migraine avec aura (6,3 ‰).

Les risques encore discutés sont :

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Accident vasculaire cérébral chez l'enfant

Les enfants peuvent eux aussi être victimes d'un accident vasculaire cérébral. Bien que moins connu, l'AVC de l'enfant touche chaque année un millier de nourrissons, enfants et adolescents, pourtant généralement en bonne santé. Seule la moitié de ces AVC ont une cause identifiée (malformation congénitale, pathologie cardiaque...) et près de 70 % des enfants gardent des séquelles telles qu'un handicap physique et/ou détérioration des capacités intellectuelles (un adulte sur dix vit avec des séquelles d'un AVC étant survenu durant son enfance). Il existe également un risque vital à ne pas négliger.

Bon à savoir : selon la Fondation recherche AVC, l'AVC est la première cause de handicap acquis de l'enfant (retards psychomoteurs, difficultés scolaires...).

Chez l'enfant, les signes de l'AVC sont les mêmes que chez l'adulte. On retrouve donc une déformation de la bouche, une faiblesse d'un côté du corps, des troubles de la parole ou des crises convulsives.

Le traitement rapide réduit considérablement le risque de séquelles. Concrètement, la prise en charge de l'attaque cérébrale passe par l'acheminement des personnes victimes vers les 135 unités neuro-vasculaires (UNV), les 37 centres de neuroradiologie interventionnelle (NRI) ou les structures des urgences disposant d'un recours aux UNV par la téléconsultation et la télé-expertise (plus de 111 établissements).

Accident vasculaire cérébral : prévention

Afin de limiter les risques d'AVC, il est nécessaire de :

  • ne pas fumer ou de réduire sa consommation de cigarettes ;
  • éviter de fumer en prenant des œstroprogestatifs (hormones, pilule contraceptive) ;
  • pratiquer régulièrement une activité sportive de façon à être en forme à la cinquantaine (jusqu'à 37 % de risques en moins) ;
  • respecter l'équilibre alimentaire (manger suffisamment de fruits, de légumes et de céréales complètes)* ;
  • soigner une hypertension artérielle ;
  • éviter les traitements coagulants sanguins ;
  • consommer peu de sucre et peu de sel ;
  • si besoin, consommer des feuilles de ginkgo biloba sous forme d’extrait normalisé (EGb 761) pour prévenir la formation des caillots responsables d’accidents cardio-vasculaires.

*À noter que la consommation de sardines, riches en oméga-3, permettrait de réduire les risques d'AVC lorsqu'elles sont consommées à raison d'environ 100 g par jour.

Bon à savoir : avoir une bonne hygiène de vie permet non seulement de prévenir les AVC, mais aussi de limiter leur gravité quand ces mesures de prévention se sont révélées insuffisantes.

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Accident vasculaire cérébral : les traitements après un AVC

Médicaments

Après un bilan hospitalier, on prescrit un traitement combattant directement les causes de l'AVC. En cas de cardiopathie emboligène (embolie), on optera pour des anticoagulants. En cas d'ischémie, ce sont les antiagrégants qui seront les plus efficaces. Le plus souvent, ils sont prescrits par faibles doses d'aspirine.

Il existe également un traitement anti-hypertenseur qui doit maintenir une tension artérielle suffisante dans le cerveau.

À noter : dans les suites d’un accident vasculaire cérébral, les troubles dépressifs sont fréquents et un traitement antidépresseur est parfois nécessaire (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, notamment).

Thrombectomie mécanique

La thrombectomie mécanique est une technique innovante et efficace dans la prise en charge de certains accidents vasculaires cérébraux ischémiques aigus. Il s’agit d’un geste de neuroradiologie interventionnelle (NRI) consistant à extraire le caillot de façon mécanique avec un dispositif médical spécifique. Ce traitement est extrêmement efficace quand l’occlusion touche de grosses artères cérébrales et ce, même si l'intervention a lieu dans un délai de 6 heures après le début des symptômes (elle peut être ou non associée à un traitement par thrombolyse intraveineuse).

Pour l'heure, la thrombectomie est réservée aux neuroradiologues interventionnels et aux 39 centres de neuroradiologie interventionnelle agréés de France. Néanmoins, la HAS (Haute Autorité de Santé) a reconnu l’efficacité de cette technique et elle a émis des préconisations pour permettre le déploiement rapide de cette technique sur l’ensemble du territoire avec :

  • la formation de nouveaux professionnels (radiologues, neurologues, neurochirurgiens et cardiologues interventionnels) ;
  • la création de nouveaux centres consacrés spécifiquement à la thrombectomie et disposant chacun d'au moins trois opérateurs compétents.

Stimulation électrique neuromusculaire

Mentionnons également un traitement neurochirurgical (la stimulation électrique neuromusculaire) qui est pratiqué dans certains cas d'hémorragie cérébrale, d'infarctus cérébelleux et d'infarctus hémisphérique malin.

Ce traitement neurologique est très utilisé aux États-Unis chez les personnes ayant subi un AVC et qui présentent une parésie des muscles extenseurs du poignet et des doigts. Il consiste à appliquer, lors d'exercices répétitifs, un courant électrique au niveau des avant-bras du patient afin de stimuler les muscles paralysés. Il donne de meilleurs résultats encore si on utilise un gant enfilé sur la main valide et relié par des capteurs à la main paralysée. Ainsi, lorsque le courant est envoyé sur l'avant-bras paralysé et la main affaiblie, les patients peuvent contrôler l'intensité de la stimulation en ouvrant ou refermant la main recouverte par le gant (on parle de motricité consciente). Cette technique est d'autant plus intéressante qu'elle peut être utilisée à domicile.

Maintenir l'autonomie

Parmi les méthodes recommandées pour maintenir l'autonomie des patients viennent en premier lieu les exercices de marche et les programmes d’activités physiques et d’exercices physiques, indique la Haute Autorité de Santé (HAS).

Bon à savoir : la HAS recommande la pratique d'une activité physique dite « aérobie », c'est-à-dire peu intense mais maintenue, notamment dans le but d'améliorer la vitesse de traitement des informations chez les personnes qui souffrent de troubles cognitifs.

Dans un second temps, le biofeedback, les orthèses et la thérapie miroir pour le membre supérieur peuvent être utilisés.

La réalité virtuelle est recommandée mais associée à d'autres méthodes pour une efficacité optimale. Peuvent aussi être proposées, mais avec un niveau de preuve moindre, la contrainte induite du membre supérieur, l'imagerie mentale motrice (associée à une autre méthode), la rééducation de la posture et de l’équilibre ou la toxine botulinique (associée à une autre méthode).

Musicothérapie contre les séquelles

La musicothérapie est très efficace pour lutter contre les séquelles des AVC et ce même 5 ans plus tard (alors qu'en médecine conventionnelle on estime que rien ne peut être fait 12 mois après un AVC).

  • La musicothérapie active, en entraînant des mouvements moteurs répétés, conduit à une meilleure stabilité du corps. Ainsi, dans une étude australienne, les patients ayant bénéficié, pendant trois mois de deux séances de musicothérapie par semaine, ont vu une nette amélioration de leurs symptômes : un meilleur équilibre, plus de force dans les mains, et davantage de mémoire.
  • La musicothérapie réceptive, elle, se montre particulièrement efficace lorsqu'elle est vocale (c'est-à-dire lorsque la musique écoutée comporte des paroles). En stimulant la plasticité cérébrale ainsi que les réseaux neurologiques en charge des mécanismes du langage (notamment la zone cérébrale frontale gauche), la musicothérapie permet une amélioration des troubles de l’expression, de la compréhension et de la parole. Se concentrer sur des paroles faciliterait aussi le retour des souvenirs et stimulerait la mémorisation de mots puis d’informations de plus en plus complexes. Enfin, la musique vocale serait à l’origine d’une augmentation de la dopamine, une des hormones du bien­-être et de la quié­tude.

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