Traitement de l'infection urinaire

Sommaire

Les infections urinaires sont dues à la contamination des urines par des bactéries (le plus souvent E. Coli). Elles sont beaucoup plus fréquentes chez la femme que chez l'homme, à cause de la proximité anatomique de l'anus et de l'urètre. Dès les premiers symptômes, il existe des moyens pour court-circuiter ces infections. Si les symptômes persistent, un diagnostic et une consultation chez le médecin deviennent indispensables. Quelques mesures simples peuvent être prises afin d'éviter les récidives.

Voici comment mener le traitement de l’infection urinaire.

 

1. Soyez réactif dès les premiers symptômes

Une infection urinaire se déclare par :

  • une envie fréquente d'uriner ;
  • des picotements ;
  • une sensation de gêne voire de brûlure à la miction.
Consulter la fiche pratique

Quelques mesures simples peuvent être prise :

  • Buvez au minimum 2 litres d'eau dans la journée, afin de diluer les urines et évacuer facilement les germes responsables de l'infection.
  • Prenez des gélules de canneberge que vous trouverez chez votre pharmacien. La canneberge va contribuer à décoller les bactéries de l'arbre urinaire. 
  • Si vous êtes adepte des huiles essentielles, prenez 2 à 3 gouttes d'huile essentielle d'origan ou de tea tree sur un comprimé neutre, dans une cuillerée de miel, un sucre ou sur de la mie de pain, 4 à 5 fois par jour.
  • Évitez certains aliments :
    • les aliments gras et sucrés ;
    • toutes les épices échauffantes ou pimentées (cannelle,poivre, gingembre, clou de girofle, piment, etc.) ;
    • les aliments torréfiés et grillés, y compris les gratins ;
    • le tabac et surtout l’alcool ;
    • selon une nouvelle étude, le régime végétarien pourrait abaisser de 16 % le risque de développer des infections urinaires, en particulier chez les femmes.
  •  En médecine traditionnelle chinoise, on conseille également d'éviter :
    • l’ail, l’oignon, les graines de fenouil, le vinaigre ;
    • les cerises, les litchis, la châtaigne ;
    • les viandes de mouton, de bœuf et d’oie ainsi que les crevettes.

À noter : vous pouvez également associer un diurétique naturel comme de la bruyère afin de faciliter l'élimination de l'eau de l'organisme et ainsi nettoyer l'urètre des bactéries.

 

2. Faites un diagnostic par bandelette urinaire

En cas de persistance ou d'intensification des symptômes au bout de 24 heures, vous pouvez utiliser des bandelettes urinaires afin de diagnostiquer vous-même si oui ou non vous avez une infection urinaire. Ces bandelettes réactives s'achètent en pharmacie. Elles détectent 2 facteurs de l'infection urinaire :

  • Les nitrites qui sont produisent par les bactéries et qui caractérisent la présence de celles-ci.
  • Les leucocytes qui montrent la réaction de l'organisme face à cette infection.

Pour utiliser ces bandelettes, il faut :

  • Commencer par nettoyer le méat urinaire avec une lingette antiseptique afin d'éliminer une contamination de l'échantillon.
  • Se nettoyer soigneusement les mains.
  • Éliminer le premier jet d'urine du matin.
  • Et enfin recueillir les urines dans un flacon stérile préalablement récupéré gratuitement chez votre pharmacien ou votre laboratoire d'analyses médicales le plus proche.

Les bandelettes urinaires peuvent également servir à confirmer la fin d'une infection. Si les nitrites seuls sont positifs, nous sommes en début d'infection. Si les leucocytes sont également positifs, cela veut dire que l'infection est déclarée et si seuls les leucocytes réagissent, alors l'infection a bien eu lieu, mais elle est terminée.

3. Consultez le médecin si nécessaire

Vos symptômes persistent depuis plus de 24 heures ou s'aggravent, vous ressentez des douleurs lombaires, ou avez de la fièvre ? Il faut impérativement consulter votre médecin car il y a un risque de complication. En effet, une cystite mal soignée peut dégénérer en pyélonéphrite, c’est-à-dire une infection rénale qui peut s'avérer dramatique.

Important : chez un nourrisson, un enfant, une femme enceinte, une personne âgée, une infection urinaire est toujours une urgence, allez immédiatement consulter votre médecin sans passer par les deux précédentes étapes.

Le médecin va vous prescrire un ECBU (examen cytobactériologique des urines) qui consiste au comptage et à l'identification des bactéries présentes. Cet examen précisera également la présence de leucocytes (globules blancs) et de sang dans les urines. Il décrira aussi l'aspect de vos urines, si celles-ci sont troubles ou limpides, etc.

En cas de cystites récidivantes, le médecin devra prescrire un antibiogramme réalisé également par le laboratoire afin d'évaluer à quels antibiotiques sont sensibles les germes responsables de votre infection.

La Haute Autorité de santé (HAS) a justement publié une recommandation de bonne pratique qui a pour objectif de favoriser les antibiogrammes ciblés, pour lutter contre l’antibiorésistance. L’antibiogramme ciblé consiste, pour le praticien, à préciser au laboratoire qui pratiquera l’ECBU, des informations cliniques concernant le patient pour adapter le rendu des résultats des antibiogrammes et la liste des antibiotiques recommandés.

Attention : ne jamais prendre les antibiotiques prescrits par votre médecin avant d'avoir effectué le prélèvement urinaire, sous peine de fausser les résultats de l'ECBU.

Bon à savoir : les pharmaciens d'officine formés peuvent désormais délivrer sans ordonnance les antibiotiques suivants dans le cadre de la prise en charge des cystites chez les patients de 16 à 65 ans : Fosfomycine trométamol PO (prise unique) et Pivmecillinam PO (400 mg deux fois par jour pendant 5 à 7 jours), selon les recommandations de la HAS dans le cadre du plan national pour la maîtrise de l’antibiorésistance.

4. Prévenez les récidives de cystite

Après un épisode d'infection urinaire, certaines mesures permettent d'éviter la réapparition de celle-ci :

  • Renforcez la flore intestinale et vaginale en prenant des probiotiques régulièrement (ce sont de bonnes bactéries qui tapissent l'organisme et évitent par leur présence la prolifération des bactéries potentiellement pathogènes). Utilisez des probiotiques type Probiotiques 10 Md ou des symbiotiques qui associent 6 souches de probiotiques, une souche végétale (Plantarum) et Fibregum® (fibre alimentaire prébiotique soluble) à prendre à raison d'une gélule par jour chaque matin à jeun.
  • Buvez beaucoup d'eau, au moins 6 à 8 verres par jour (1,5 litre d’eaux plates peu minéralisées), afin de nettoyer l'urètre et vidangez régulièrement la vessie. Faites en sort d’uriner dès que l’envie s’en fait sentir, évitez de vous retenir.
  • Évitez les sucres rapides (ainsi que les sodas et l’alcool), car les bactéries prolifèrent plus facilement en présence de sucres. Privilégiez les fruits (kiwi et pastèque notamment) et légumes frais en évitant les aliments contenant de la caféine (café, thé, guarana, chocolat, coca, etc.)
  • Veillez à vous essuyer avec le papier hygiénique du haut vers le bas pour éviter la contamination des bactéries anales ou vaginales vers l'urètre.
  • Pensez à bien uriner après tout rapport sexuel.
  • Ne portez pas de pantalons ou sous-vêtements trop serrés.
  • Vous pouvez boire régulièrement du jus de canneberge (en vente en grande surface) afin de désamorcer les infections dès les premiers instants.
  • Vous pouvez également prendre de l’argent colloïdal à l’apparition des premiers symptômes (deux à trois cuillerées à soupe par jour) pour enrayer une infection débutante.

Ces pros peuvent vous aider