Infection urinaire : les hommes ne sont pas épargnés !

Sommaire

Si pour des raisons anatomiques, les infections urinaires sont beaucoup plus fréquentes chez la femme, les hommes peuvent également être affectés. Dans leur cas, une infection urinaire se traite alors différemment.

Bien que plus rare, l'infection urinaire chez l'homme doit systématiquement être prise au sérieux. Nos conseils pour ne rien regretter.

Comment se manifeste l'infection urinaire chez l'homme ?

À l'inverse de l'infection urinaire de la femme dite « simple », l'infection urinaire chez l'homme est souvent considérée à priori comme une infection grave, car elle peut cacher une prostatite, c'est-à-dire une infection de la prostate.

Elle peut aller de la simple cystite à une infection rénale plus sérieuse, en passant par une urétrite. Les symptômes les plus courants de l'infection urinaire masculine sont :

  • des brûlures, pendant ou après la miction ;
  • une envie très régulière d'uriner.

À cela, peuvent s'ajouter lorsque l'infection est plus grave :

  • une fièvre ;
  • des écoulements purulents ;
  • des douleurs pelviennes.

Quelles sont les causes les plus fréquentes ?

On distingue classiquement deux formes d'infection urinaire selon l'âge :

  • L'homme jeune est le plus souvent sujet à une urétrite :
    • c'est une inflammation du canal urétéral causé par des bactéries (gonocoques ou chlamydiae) ;
    • dans 80 % des cas, cette infection entre dans le cadre d'une IST.
  • Les hommes au delà de 70 ans peuvent être porteurs d'une infection urinaire dite asymptotique ou sourde :
    • elle sera révélée au décours d'un examen de routine ou bien lors d'une complication comme une pyélonéphrite ou un adénome de la prostate ;
    • de manière générale, l'augmentation de la taille de la prostate avec l'âge induit une vidange incomplète de la vessie et favorise ainsi l'apparition d'infections urinaires.

Bon à savoir : en dehors des cas d'IST (MST), les infections urinaires chez l'homme comme chez la femme sont dues à la contamination de la vessie par des bactéries digestives, transportées par contact entre le rectum et le canal urétral.

Comment remédier à l'infection urinaire ?

Lors de l'apparition des symptômes de l'infection urinaire, il est important de consulter rapidement son médecin pour prévenir toute complication. Celui-ci s'appuiera sur les données suivantes pour proposer un traitement efficace :

  • les signes cliniques (ou symptômes), qui suffisent le plus souvent à proposer un traitement adéquat, tels que :
    • moments et localisation des douleurs,
    • fièvre ;
  • un ECBU (analyse d'urine) : à réaliser dans un laboratoire si le médecin le juge nécessaire :
    • cet examen détermine la nature de la bactérie et indique alors la prophylaxie à suivre, à savoir la nature de l'antibiotique à prescrire pour se débarrasser de la bactérie à l'origine de l'infection,
    • il est prescrit dans le cadre d'infections récidivantes et n'est pas systématique.

Dans le cas d'un traitement antibiotique, il est important de bien respecter la durée et la posologie. Dans certains cas plus sérieux, le médecin pourra prescrire des examens complémentaires comme :

  • une échographie vésico-prostatique ;
  • une cystoscopie ;
  • une échographie rénale.

Précautions à prendre

Même s'il reste plus difficile de prévenir les infections urinaires chez les hommes, certains gestes simples contribuent au maintien d'un bon flot urinaire :

  • Le port d'un préservatif lors de rapports sexuels avec une nouvelle ou un nouveau partenaire contribue également à limiter la propagation des IST, responsables des urétrites (gonocoques, chlamydiae).

Bon à savoir : depuis le 10 décembre 2018, certains préservatifs masculins (préservatifs masculins lubrifiés de la marque Eden, fabriqués par le laboratoire Majorelle) sont remboursés à hauteur de 60 % par l'Assurance Maladie sur prescription d'un médecin ou d'une sage-femme (arrêté du 21 novembre 2018). Depuis mars 2019, les préservatifs masculins « Sortez couverts » prescrits par un médecin sont également remboursés (arrêté du 14 février 2019). Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2023, les préservatifs sont gratuits en pharmacie pour les 18-25 ans. 

  • Une hydratation régulière (environ 1,5 litre par jour) permet également d'éviter les infections urinaires (vous pouvez aussi consommer du thé vert aux propriétés antimicrobiennes et anti-inflammatoires).
  • Enfin, la prise d'antibiotiques doit rester encadrée par un médecin, ceci pour le bien du patient mais également afin d'éviter toute forme de résistance aux antibiotiques.

Si vous souhaitez vous orienter vers un traitement naturel, privilégiez certains des alicaments tels que:

  • les haricots azukis et mungo préparés sous forme de décoction (80 g de chaque dans 75 cl d’eau à boire trois fois par jour) ;
  • les radis (sous forme de jus coupé avec de l’eau tiède), les asperges ou encore le céleri branche (200 g sous forme de jus avec un grand verre d’eau trois fois par jour) ;
  • le pourpier (une salade) sous forme de décoction : 150 g dans 75 cl d’eau pendant 20 minutes à boire trois fois par jour) ;
  • la scarole, la chicorée ou la frisée en réalisant une décoction avec 250 g de salade dans un litre d’eau, à laisser infuser 30 minutes et à boire en deux fois (faire trois préparations par jour).

Évitez de consommer des aliments irritants tels que le café, le thé noir, l'alcool (surtout le vin blanc), les sodas, les viandes rouges et la charcuterie, les produits raffinés, les agrumes, les ananas, les épinards cuits ou la rhubarbe notamment.

À noter que le régime végétarien pourrait abaisser de 16 % le risque d’infections urinaires.

Source : étude taïwanaise, menée par Yen-Chang Chen et publiée dans « Scientific Reports ».

Faites également attention à l'équilibre de la flore intestinale (utilisez des probiotiques ou des symbiotiques) et pratiquez des exercices physiques qui vont favoriser la mobilité des organes.

Pour aller plus loin :

Ces pros peuvent vous aider