La prothrombine est une protéine de la coagulation sanguine. PagesConseils vous explique comment définir et comment interpréter la valeur TP (taux de prothrombine) sur votre bilan biologique.
Prothrombine : quelques généralités sur la coagulation
Prothrombine et hémostases
La prothrombine intervient dans la formation d’un caillot sanguin en cas d’hémorragie : c’est l’hémostase. Il faut distinguer l’hémostase primaire de la secondaire :
- En cas d’hémostase primaire, dès qu’un vaisseau est blessé, les plaquettes sanguines s’agglutinent et obstruent la brèche vasculaire ;
- En cas d’hémostase secondaire, l’agrégat plaquettaire formé est instable et perméable. Il doit être consolidé, c’est le rôle des facteurs de la coagulation.
Ces facteurs, numérotés de un (I) à treize (XIII), sont de petites protéines sanguines qui s’agglutinent à leur tour pour former un bouchon fibrineux (comme une petite cicatrice). La réparation de la paroi du vaisseau peut alors commencer.
Prothrombine : facteur de la coagulation
La prothrombine est le facteur deux (II) de la coagulation. Comme plusieurs autres, la prothrombine est produite par le foie et ne fonctionne qu’après avoir été activée par la vitamine K, présente dans le sang. Ces facteurs sont dits « vitamine K-dépendants ».
Le dosage du taux de prothrombine (TP) se fait par une simple prise de sang. Nul besoin d’être à jeun. Le TP s’exprime en pourcentage. Sa norme se situe entre 80 et 100 %. Ce dosage fait partie du bilan préopératoire indispensable avant tout acte chirurgical ou acte à risque hémorragique.
Taux de prothrombine et dépistage des maladies de la coagulation
Plus le pourcentage du TP est élevé, plus le sang présente une bonne capacité de coagulation.
Maladies hémorragiques de la coagulation (TP bas)
Un taux de prothrombine bas est synonyme de risques hémorragiques. Les maladies hémorragiques à TP bas sont des maladies acquises, c’est-à-dire développées au cours de la vie. Ce sont :
- l’insuffisance hépato-cellulaire, secondaire à une hépatite ou à une cirrhose éthylique ;
- la Coagulation Intra-Vasculaire Disséminée ou CIVD : fréquente en cas de cancer ou d’infections graves ;
- le déficit en vitamine K, la plupart du temps, consécutif à un traitement par AVK en surdosage (facteurs de la coagulation vitamine K-dépendants).
L’ensemble de ces maladies nécessite une prise en charge spécialisée par un hématologue. Les bons gestes doivent être appris par le patient en cas de saignement.
Maladies thrombo-emboliques de la coagulation (TP élevé)
Un TP élevé est synonyme de risque de formation de caillot de sang, principalement dans les veines : phlébite, embolie pulmonaire… Comme souvent dans ce genre de maladies, il faut distinguer les formes congénitales et acquises.
Les formes congénitales résultent d’un déficit en protéines freinatrices de la coagulation ou d’anomalies génétiques. Elles n’ont pas de nom particulier :
- déficit en antithrombine ;
- déficit en protéine C ;
- déficit en protéine S ;
- anomalies des gènes du facteur V et II.
De la même façon, ces maladies requièrent un suivi régulier par l’hématologue. Un traitement anticoagulant, comme un traitement anti-vitamine K par exemple, est en général prescrit.
Tests de dépistage et de suivi du taux de prothrombine : importance de l’INR
Pour évaluer le taux de prothrombine et surveiller les patients atteints de ce trouble, divers tests sont utilisés.
Le test de prothrombine standard, également connu sous le nom de « temps de Quick », mesure le temps nécessaire à la coagulation du plasma en présence de thromboplastine tissulaire et de calcium. Ce test évalue l’activité des voies extrinsèque et commune de la coagulation et est exprimé en pourcentage par rapport à un témoin normal.
Une autre méthode courante est le temps de céphaline activé (TCA) qui mesure l’activité des voies intrinsèque et commune de la coagulation en présence de phospholipides et de calcium. Ce test aide à évaluer la fonction hémostatique du patient et à détecter d’éventuelles anomalies.
En plus des tests de base, l’International Normalized Ratio (INR) est un outil important dans le suivi des patients sous traitement anticoagulant, notamment les AVK (antivitamines K). L’INR normalise les résultats du temps de prothrombine en tenant compte des variations inter-laboratoires dans la sensibilité du réactif et permet une comparaison standardisée des résultats. Un INR dans la plage thérapeutique recommandée est essentiel pour assurer l’efficacité de l’anticoagulation tout en minimisant les risques de saignement ou de thrombose chez les patients.
La fréquence des tests de surveillance dépend de divers facteurs, notamment la stabilité de l’INR chez le patient, la nature de l’anticoagulant utilisé et la présence de comorbidités ou de facteurs de risque supplémentaires. En général, les patients sous AVK nécessitent des tests fréquents initialement pour ajuster la dose et établir un INR stable puis des tests réguliers pour surveiller et maintenir l’anticoagulation dans la plage thérapeutique recommandée.
Pour les patients non traités par AVK, la fréquence des tests dépendra de la gravité de la condition et des recommandations du médecin traitant.
En conclusion
- La prothrombine est une protéine essentielle pour la coagulation sanguine, produite par le foie et activée par la vitamine K.
- Les tests de dépistage du taux de prothrombine, comme le temps de Quick et le temps de céphaline activé (TCA), permettent d’évaluer la capacité de coagulation du sang.
- L’INR (International Normalized Ratio) est un outil essentiel pour ajuster les doses d’anticoagulants tels que les AVK, garantissant une anticoagulation efficace tout en minimisant les risques de saignement ou de thrombose chez les patients.
- La surveillance régulière du taux de prothrombine et de l’INR est importante pour maintenir une anticoagulation optimale chez les patients, réduisant ainsi le risque de complications graves associées à ces conditions.