L’embolie graisseuse est une embolie de moelle osseuse provenant d’un os fracturé (souvent long : fémur). On vous en dit plus dans cet article !
Embolie graisseuse : définition
Le terme embolie désigne une atteinte d’un vaisseau par un corps (quelconque) provoquant une thrombose (caillot), ce qui provoque des perturbations au niveau de l’organe lésé.
Le corps peut :
- être d’origine sanguine (embolie pulmonaire) ;
- être originaire d’un tissu (embolie métastatique) ;
- provenir de cellules graisseuses (embolie graisseuse) ;
- provenir de bulles de gaz (embolie gazeuse).
Ces gouttelettes forment un caillot qui va obstruer une artère pulmonaire responsable d’une insuffisance respiratoire brutale.
Diagnostic d’une embolie graisseuse
Diagnostic clinique
Le diagnostic clinique peut se diviser en 3 parties :
- Une manifestation pulmonaire (98% des cas) : l’auscultation est pauvre, contrastant avec l’importance des signes fonctionnels. Cependant, des signes d’insuffisance respiratoire aiguë (augmentation du rythme respiratoire, sueurs…) peuvent être visualisés.
- Une manifestation neuro-psychatrique : troubles de la conscience, agitation, délire, obnubilation… jusqu’au coma ;
- Une manifestation cutanéo-muqueuse (33% des cas) : purpura pétéchiale (présence de petits points rouge) au niveau du thorax, cou et aisselles.
Para-clinique (en dehors de la clinique)
Le médecin peut demander, pour permettre la confirmation du diagnostic :
- une gazométrie (afin de rechercher une hypoxie) ;
- une radiographie des poumons ;
- un électrocardiogramme.
Une échographie-doppler des membres inférieurs peut également être réalisée, à la recherche de thrombose veineuse.
En cas de signes inquiétants, une scintigraphie pulmonaire ou un angio-scanner (scanner avec opacification des vaisseaux) confirmera le diagnostic. Une prise de sang avec dosage des D-dimères (produit de dégradation des caillots sanguins) permet d’exclure le diagnostique en cas de taux normal.
Un lavage broncho-alvéolaire ainsi qu’un examen de fond d’œil peut être nécessaire.
Causes d’une embolie graisseuse
Si les causes ne sont pas toujours clairement définies, la libération massive de gouttelettes graisseuses après des lésions touchant la graisse médullaire est évidente, et intervient essentiellement après une fracture des os longs.
On observe également des embolies graisseuses après une tentative de réanimation, spécialement lorsqu’il y a eu fracture de côtes. Si lors d’un traumatisme un foie atteint de stéatose (accumulation de graisse dans les cellules du foie) est lésé, il peut y avoir une embolie graisseuse.
Ce qui est moins clair, c’est l’apparition d’embolie pulmonaire lors de cas non traumatiques, comme une apparition d’embolie graisseuse lors de la nécrose des tissus graisseux dans la région pancréatique.
Symptômes et conséquences d’une embolie graisseuse
On compte parmi les symptômes de l’embolie graisseuse :
- dyspnée (essoufflement) ;
- cyanose ;
- fièvre et sueurs ;
- douleurs dans la poitrine ;
- toux ;
- hémoptysie (crachat sanguin) ;
- syncope, malaise ;
- tachycardie ;
- hypertension artérielle pulmonaire.
Certaines embolies graisseuses peuvent même provoquer un arrêt cardio-circulatoire.
Dans environ un quart des cas d’embolie graisseuse sévère des poumons, les gouttelettes parviennent à atteindre la circulation sanguine systémique (ou grande circulation), provoquant ainsi des troubles cardiaques.
Embolie graisseuse : le traitement
Dans un premier temps, il faut permettre l’immobilisation du foyer de fracture, dès le lieu de l’accident et le maintien de la volémie afin d’éviter un choc hypovolémique (diminution du volume sanguin).
Des anticoagulants peuvent être administrés, quelques mois après guérison voire à vie, telle que l’héparine, en sous cutanée ou en intraveineuse. Le relais pourra se faire avec les anti-vitamines K (AVK) pendant plusieurs mois. Les médicaments fibrinolytiques, eux sont prescrits dans les formes sévères (dissolution du caillot).
Des antalgiques plus ou moins puissants peuvent être administrés afin de pallier la douleur.