Maladie du charbon

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La maladie du charbon ou anthrax (pour les anglo-saxons) est une zoonose causée par une bactérie : le Bacillus anthracis. Elle atteint habituellement les animaux en pâture mais touche accidentellement l'Homme. Bien qu'elle soit rare dans les pays industrialisés, elle est définie comme une arme de bioterrorisme, notamment depuis l'affaire des lettres anonymes envoyées aux États-Unis à l'automne 2001 dans le but de contaminer volontairement des sujets spécifiques.

Maladie du charbon : épidémiologie

La maladie du charbon est surtout retrouvée dans les pays au climat chaud et humide, comme en Afrique, en Amérique du sud, aux sud des États-Unis, au Moyen-Orient ou en Océanie.

En France, des foyers de charbon sont retrouvés chez les bovins ou ovins mais se limitent à quelques dizaines de cas.

En dehors des conditions climatiques, la maladie du charbon est favorisée par :

  • le manque d'hygiène et de connaissance vétérinaire ;
  • la pauvreté ;
  • l'oubli de l'emplacement des champs maudits (champs où les animaux contaminés ont été enterrés) ;
  • l'abandon de cadavre et leur consommation par les animaux (chien, ou oiseau).

La sensibilité à l'infection dépend de l'espèce : les ovins, les souris, les caprins et les bovins sont en première ligne tandis que les rats et certains oiseaux comme les vautours sont très résistant et favorisent la dissémination de la bactérie par les spores.

Causes et modes de transmission de l'anthrax

Le Bacillus anthracis, responsable de la maladie du charbon, est une bactérie gram positive (coloration spéciale utile à l'identification des bactéries) qui croit en présence d'air (aérobie).

Cette bactérie (forme végétative) survit mal en dehors d'un organisme vivant mais peut former des spores très résistantes en milieu extérieur qui survivent jusqu'à plusieurs dizaines d'années.

La maladie du charbon touche essentiellement les herbivores mais peut être contractée par tous les mammifères dont l'Homme qui est un hôte accidentel.

La transmission de la maladie du charbon se fait par contact avec les animaux infectés ou par exposition professionnelle aux produits contaminés : les spores du Bacillus anthracis étant très résistants, la contamination se fait :

  • par ingestion des spores véhiculés dans l'eau ou dans la terre des pâturages (pour les animaux) ;
  • par inhalation des spores de l'air ;
  • par transmission cutanée à travers une plaie ou encore par piqure d'insecte.

Des cas de maladie du charbon ont été retrouvés chez les toxicomane par injection de drogues contaminées. La transmission cutanée est de loin la plus fréquente chez l'Homme. La transmission interhumaine n'est pas possible.

Les symptômes de la maladie de la charbon

La maladie du charbon se caractérise par trois formes distinctes selon le mode contamination :

  • la forme respiratoire transmise par inhalation de spores : elle peut être foudroyante. Les spores envahissent le système respiratoire, qui en présence de CO2 sortent de leur phase de latence et produisent des toxines. Les bactéries et les toxines migrent alors dans le sang et produisent un choc toxique. Les symptômes sont une dépression respiratoire ; une toux des hémoptysies (crachats de sang) et la suffocation entraînant la mort.
  • la forme digestive transmise par ingestion de viande contaminée ou d'eaux souillées : elle apparait de quelques heures à quelque jours après la contamination. Elle nécessite une plaie digestive et se traduit par une diarrhée hémorragique ; des épistaxis (saignement de nez) et une hématurie (sang dans les urines) pour aboutir à la mort (95% des cas).
  • la forme cutanée : elle est la moins mortelle (5 à 20%) mais la plus fréquente chez l'Homme. Elle se propage autour d'une lésion cutanée pour former une vésicule érythémateuse qui se rompt puis se nécrose pour devenir noirâtre, d'où le nom de maladie du charbon.

Maladie du charbon : diagnostic

Outre les signes cliniques assez caractéristiques, le diagnostic de la maladie du charbon repose sur des techniques biologiques :

  • Le sang, le liquide céphalorachidien ou les vésicules cutanées sont mis en culture pour faire croitre la bactérie dans un laboratoire de niveau 3 (normes adaptées). Les cultures sont ensuite identifiées par les caractéristiques physico-chimiques de la bactérie ;
  • La recherche par PCR (Polymerase Chain Reaction) est une alternative au diagnostic, l'ADN de la bactérie est amplifiée par des techniques de biologie moléculaire ;
  • Le diagnostic par sérologie : recherche d'anticorps spécifiques sanguins dirigés contre le Bacille anthracis peut également contribuer au diagnostic.

Traitement de la maladie du charbon

Le traitement de la maladie du charbon repose sur l'administration d'antibiotique : de ciprofloxacine en première intention.

L'amoxicilline, la doxycycline, l'érythromycine ou la clarythromycine peuvent être utilisés en deuxième intention et selon le résultats de l'antibiogramme (test de la sensibilité du Bacille anthracis aux antibiotiques).

La prévention de l'anthrax

L'autopsie des animaux contaminés ou suspectés contaminés ne doit jamais être réalisée pour prévenir la diffusion des spores. Les cadavres doivent être incinérés ou enfouis à au moins deux mètres sous la terre après obstruction des orifices corporels avec de la chaux.

Tous les professionnels en contact avec les animaux susceptibles de contracter la maladie du charbon doivent être informés :

  • éleveurs ;
  • travailleurs de laine ;
  • bouchers ;
  • tanneurs ;
  • vétérinaire.

La vaccination est efficace chez les animaux mais n'est utilisée que dans les troupeaux où des cas de maladie du charbon ont été retrouvés.

Chez l'homme, la vaccination semble faiblement documentée mais peu performante, elle est réservée aux groupes à haut risque et à certains militaires.

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