Appendicectomie

Sommaire

Bien qu'en baisse constante depuis les années 80, l'appendicectomie reste une opération très courante en chirurgie digestive. Découvrons dans quels cas elle s'impose, les différentes techniques opératoires et les risques qui lui sont associés.

Appendicectomie : définition

L'appendicectomie est une opération chirurgicale consistant à éliminer l'appendice iléo-cæcal.

Il s'agit d'une poche située dans la première partie du gros intestin (le cæcum), d'une taille de 7 à 12 cm de longueur pour un diamètre de 4 à 8 mm. Longtemps considéré comme dénué de rôle, l'appendice pourrait servir de réservoir pour les microbes bénéfices de notre système digestif.

Cette opération était très courante à une époque, puis le nombre d'appendicectomies n'a cessé de décroître, réduit de moitié au cours des dernières années, grâce aux progrès des méthodes de diagnostic.

Toutefois, le taux d’erreur de diagnostic peut atteindre 50 % chez les enfants de moins de 5 ans... Heureusement, chez eux, l’appendicite est rare, elle ne représente que 10 % des cas pédiatriques. Pour établir un diagnostic, seule l’échographie abdominale a une sensibilité et une spécificité proches de 100 % si la durée des symptômes excède 12 heures.

Source : Prada-Arias M et coll.: Appendicitis or non-specific abdominal pain in pre-school children. When to request abdominal ultra-sound? J Pediatr Child Health, 2020; 56: 367-371.

Dans quels cas pratiquer une appendicectomie ?

L'appendicectomie peut s'envisager dans différentes situations :

  • La plus courante est l'appendicite, provoquée par une infection de l'appendice liée à la présence d'une obstruction. Il existe un risque de complication : la perforation, qui peut aboutir à une péritonite, c'est-à-dire l'inflammation du péritoine, l'enveloppe qui contient les viscères.
  • En cas de cancer de l'appendice, une situation rare mais à ne pas négliger. Ce type de cancer ne provoque généralement pas de symptômes au début de son évolution et n'est découvert qu'à un stade avancé, sauf dans le cas où il entraîne une appendicite. Ainsi, en cas d’appendicectomie pour une banale appendicite, une analyse des tissus est systématiquement menée pour s'assurer de l'absence de cellules cancéreuses.
  • Chez les personnes atteintes de rectocolite hémorragique, cette opération semble réduire les symptômes de la maladie.

Mais une étude de l'Inserm invite à la prudence : l'opération réalisée chez ces malades en prévention, mais qui ne souffrent pas d'appendicite, augmenterait de 17 fois le risque de cancer du côlon. Les liens entre ces affections sont très complexes, car on sait que les personnes opérées pour appendicite ont moins de risque de développer une rectocolite hémorragique ultérieurement.

Par ailleurs, il semblerait qu'une approche non chirurgicale, par antibiothérapie, ait démontré sa tolérance et son efficacité. Les taux de succès atteignent 65 à 75 % à un an, avec un nombre moindre de jours d’incapacité (6,6 au lieu de 10,9), une meilleure qualité de vie, une plus grande satisfaction du patient et de son entourage.

Déroulement de l'appendicectomie

Différentes techniques d'appendicectomie

L'appendicectomie se déroule sous anesthésie générale, il faut donc être à jeun le jour de l'opération. Le retrait de l'appendice peut s'envisager de plusieurs manières :

  • Par laparotomie, c'est-à-dire en pratiquant une incision en bas et à droite de l'abdomen, de plusieurs centimètres de large. À l'heure actuelle, elle est rarement utilisée.
  • Par cœlioscopie classique : par l'intermédiaire de trois petites incisions (de un demi à un centimètre de large), une caméra et les instruments chirurgicaux sont glissés au niveau du site d'intervention. La cavité abdominale est artificiellement gonflée à l'aide de gaz pour faciliter le travail du chirurgien.
  • Par cœlioscopie à accès unique : à la différence de la méthode précédente, une seule petite incision est pratiquée, au niveau du nombril pour ne laisser qu'une cicatrice peu visible.

Les méthodes par cœlioscopie présentent l'avantage de faciliter la récupération après l'opération et réduisent les douleurs ressenties par les patients.

Appendicectomie : après l'opération

Des médicaments antalgiques sont prescrits pour réduire les douleurs post-opératoires, qui sont en général peu intenses. Un traitement antibiotique permet de réduire le risque infectieux.

Le temps d'hospitalisation est souvent court, environ trois jours. Il est nécessaire d'éviter les efforts importants dans les deux semaines qui suivent une cœlioscopie, et jusqu'à 6 semaines après une laparotomie.

Devant toutes manifestations inhabituelles après l'intervention (de la fièvre, des douleurs intenses au niveau de la cicatrice, etc.), il convient de consulter son médecin en urgence.

Appendicectomie : quels risques ?

Comme toute intervention chirurgicale, l’appendicectomie comporte certains risques :

  • ceux liés à une anesthésie générale ;
  • la survenue d'une péritonite, si la partie de l'intestin recousue vient à céder ;
  • la formation d'un abcès profond ;
  • une infection au niveau de la plaie ;
  • une hémorragie ;
  • un problème veineux, qui peut prendre la forme d'une phlébite ou d'embolie pulmonaire ;
  • une occlusion intestinale ;
  • la formation d'adhérences dans la cavité péritonéale, un tissu cicatriciel anormal qui peut entraîner différents troubles.

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