Isolement septique

Sommaire

L'isolement septique permet de protéger un patient sensible aux infections mais aussi le personnel soignant et les visiteurs qui doivent approcher un patient atteint d'une maladie contagieuse. Selon le type de pathologie du patient hospitalisé et le niveau de risque de contamination infectieuse, plusieurs protocoles d'isolement septique peuvent être appliqués au malade et aux personnes l'approchant.

Définition de l'isolement septique et de l'isolement protecteur

L'isolement septique est un ensemble de mesures, prises par le personnel soignant, destinées à limiter les risques de transmission d'un agent infectieux déclaré ou présumé. Il regroupe des protocoles applicables aussi bien au personnel hospitalier chargé des soins et des examens qu'aux visiteurs et aux patients hospitalisés.

On distingue deux grandes catégories d'isolement septique :

  • L'isolement septique d'un patient hospitalisé afin de protéger toutes les personnes pouvant être en contact avec l'un des vecteurs possibles de contamination d'une maladie transmissible dont le patient est porteur ou présumé porteur.
  • L'isolement protecteur d'un patient particulièrement vulnérable afin de le protéger des sources possibles de contamination que les personnes l'approchant sont susceptibles de véhiculer.

Bon à savoir : les mesures d'isolement septique s'appliquent en plus des précautions universelles et particulières telles que définies dans la circulaire DGS/DH N°98/249 du 20/4/98. Ces dernières s'appliquent à tous les patients, quelle que soit leur pathologie, afin de limiter, entre autre, les risques de transmission déclarés ou présumés du VIH (SIDA), du VHB (Hépatite B) et VHC (Hépatite C).

Les critères d'application d'un protocole d'isolement septique

En plus des mesures de précaution universelle de tous (patient et personnel) et des mesures spécifiques à la prévention de survenue d'infection nosocomiale chez un patient, les protocoles d'isolement septique diffèrent en fonction des domaines et du niveau de risque.

Les critères déterminant le protocole d'isolement septique à mettre en place sont :

  • la nature de l'agent infectieux : typhoïde, méningite à méningocoques, paludisme, tuberculose, tétanos, légionellose, Sida, varicelle... ;
  • le mode de transmission possible. Les mesures «A» en cas de transmission par l'Air ambiant (respiration), «C» en cas de transmission par Contact (lésion cutanée) et «G» pour les transmissions par Gouttelettes (sang, urine, fèces, crachats …) ;
  • la résistance du vecteur infectieux dans le milieu (BMR). Si certains agents infectieux sont très fragiles dans l'environnement (varicelle, méningocococcie...), d'autres sont bien plus résistants (hépatite, salmonelle...) ;
  • le degré de gravité de l'infection présumée ou déclarée.

Les mesures prises en cas d'isolement septique

Le mode de transmission d'une pathologie présumée ou déclarée détermine le type de mesures d'isolement septique à mettre en place :

Les mesures de type A

Les mesures de type A correspondent à une transmission par l'air de particules aéroportées inférieures à 5 microns. Elles entraînent :

  • la limitation des déplacements du patient et l'isolement en chambre individuelle dépressurisée ou le regroupement des porteurs en une seule chambre dépressurisée (la dépressurisation consiste en la mise en pression négative de la chambre par aspiration et renouvellement de l'air filtré) ;
  • le port obligatoire d'un masque filtrant pour tous les intervenants et visiteurs dans la chambre et le lavage antiseptique systématique des mains avant de quitter la chambre.

Les mesures de type C

Les mesures de type C correspondent à une transmission par contact des mains, vêtements, sondes et instruments. Elles entraînent :

  • la limitation des déplacements du patient et isolement en chambre individuelle ou le regroupement des porteurs en une seule chambre dépressurisée ;
  • le port obligatoire d'une sur-blouse et de gants stériles (à usage unique) pour tous les intervenants et visiteurs dans la chambre et le lavage antiseptique systématique des mains avant de quitter la chambre ;
  • si possible, l'utilisation de linge et matériel à usage unique (à traiter en sachet hydrosoluble à double emballage). Si le matériel et le linge ne sont pas à usage unique, leur entreposage se fait dans la chambre du patient.

Les mesures de type G

Les mesures de type G correspondent à une transmission par gouttelettes et particules supérieures à 5 microns. Elles entraînent :

  • l'isolement en chambre individuelle ou le regroupement des porteurs en une seule chambre ;
  • la limitation des déplacements du patient et, en cas de déplacements, le port obligatoire par celui-ci d'un masque filtrant ;
  • le port des gants, d'une sur-blouse et d'un masque filtrant, selon le degré d'expectoration et la durée de résistance du vecteur infectieux (BMR), pour les personnes intervenant autour du lit ou pénétrant dans la chambre.

Bon à savoir : ces mesures peuvent éventuellement être cumulatives et s'appliquent également au personnel chargé des transferts.

Les mesures prises en cas d'isolement protecteur

Ces mesures servent à protéger un patient fragilisé (immunodéprimé, greffé, grand brûlé...) de tous les risques infectieux pouvant être véhiculés par les autres patients, le personnel et les visiteurs. Elles consistent en : 

  • l'isolement individuel du patient si possible dans une chambre à sas d'habillage en vêtements et équipement décontaminés ;
  • la limitation du personnel en charge du patient aux personnes saines (absence de rhume ou autres pathologies) et filtrage du personnel soignant (un soignant d'un patient infecté ne doit pas approcher un patient protégé par isolement protecteur) ;
  • l'individualisation du linge et du matériel de soin ;
  • la priorisation du patient pour les soins et les éventuelles interventions et examens (première intention) ;
  • la désinfection et la décontamination quotidienne de la chambre et le remplacement du linge de lit à chaque sortie de la chambre ;
  • des précautions antiseptiques particulières prises par le personnel approchant le patient ;
  • la réduction des visites et la sensibilisation des familles et visiteurs :
    • Hygiène renforcée, lavage antiseptique des mains, gestes particuliers à mettre en place (pas d'assise sur le lit, par exemple) ;
    • Exclusion systématique de tout article extérieur (fleurs, cadeaux...) ;
    • Limitation du nombre de déplacements (entrées et sorties multiples).

Bon à savoir : seule l'équipe médicale et notamment le médecin en charge du patient peuvent décider la mise en place de l'isolement et lever l'application des protocoles.

Pour aller plus loin :

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