Poliomyélite

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Aujourd'hui, certains hésitent à se faire vacciner et à vacciner leurs enfants (la maladie touche essentiellement les enfants de moins de 5 ans) ce qui facilite la ré émergence de maladies jusqu'alors éradiquées. Qu'en est-il de la poliomyélite ?

Le point maintenant.

Poliomyélite : qu'est-ce que c'est ?

La poliomyélite est une infection virale. L'agent causal est un poliovirus, du genre des Entérovirus.

Quelques notions sont incontournables pour comprendre la maladie :

  • Très contagieuse, la transmission interhumaine est essentiellement digestive par voie oro-fécale ou plus rarement via l'ingestion d'aliments ou d'eau contaminés. Au cours de la grossesse, l'immunité maternelle protège le fœtus.
  • La poliomyélite touche le système digestif et dans 1 à 2 % le système nerveux. Il s'agit d'une maladie mortelle. Elle est connue du grand public pour être la cause de paralysies de membres, responsables de handicaps sévères.
  • En France, elle est éradiquée depuis 1989. En 2017, on n'a compté que 37 cas dans le monde mais l’échec de l’éradication dans les derniers bastions de la maladie (au Pakistan, au Nigeria et en Afghanistan) pourrait aboutir à ce que 200 000 nouveaux cas fassent leur réapparition chaque année au cours des 10 ans à venir. Toutefois, en août 2020, la polio a été officiellement déclarée « éradiquée » du continent africain par l'Organisation mondiale de la Santé, après quatre années consécutives sans aucun cas déclaré et des efforts massifs de vaccination des enfants.

Bon à savoir : la poliomyélite est encore nommée maladie de Heine-Medin pour les deux chercheurs qui l'ont décrite au XIXe siècle. Jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle et avant les progrès de l'hygiène et l'avènement du vaccin, elle est classée épidémie mondiale.

Symptômes de la poliomyélite

Dans la grande majorité des cas, l'infection à un poliovirus est inoffensive. Elle peut être asymptomatique ou bien mimer un syndrome grippal. En revanche, si la maladie se déclare alors le pronostic vital est engagé.

Certains facteurs favorisent son évolution vers une forme grave :

  • la fatigue ;
  • les traumatismes ;
  • les vaccinations ;
  • l'ablation des amygdales ;
  • la grossesse ;
  • l'âge (prédominance chez l'adulte).

Les symptômes que l'on connaît de la poliomyélite sont les suivants :

  • Phase d'incubation : elle est longue, environ 2 semaines. Elle peut-être accompagnée de diarrhées ou d'une angine peu invalidantes.
  • Symptômes de la maladie : fièvre, maux de tête, douleurs diffuses dans les membres et paralysies s'installent dans les formes graves (on observe parfois des paralysies totales en quelques heures). La paralysie d'un seul membre est courante. On observe également des cas de méningite (avec des vomissements et des raideurs de la nuque).
  • Guérison et séquelles : les paralysies peuvent régresser très lentement jusqu'à guérison ou bien être l'objet de graves séquelles (handicap). Dans 0,5 % des cas la paralysie, notamment des jambes, est irréversible. Entre 5 et 10 % des malades atteints de paralysie meurent de la maladie suite à une atteinte des centres nerveux de la respiration.

Bon à savoir : le diagnostic virologique se fait par une prise de sang ou une analyse des selles.

Traitement de la poliomyélite

Il n'existe à ce jour pas de traitement curatif de la poliomyélite.

Le seul traitement est préventif par vaccination :

  • Deux types de vaccins sont disponibles : l'un contient un virus atténué (administré par voie orale) et l'autre, un virus inactivé (injection sous-cutanée).
  • En France, on utilise seulement la forme inactivée. Ce vaccin a l'avantage d'être recommandé même chez la femme enceinte. Il est en revanche contre-indiqué chez l'immunodéprimé.
  • La vaccination poliomyélite monovalent (Imovax Polio®) est indiqué à partir de 6 semaines. Mais ce vaccin est souvent couplé à d'autres (Diphtérie, Tétanos +/- Coqueluche, Hæmophilus influenza b et hépatite B). On vaccine à 2, 3, 4 mois et rappels à 16-18 mois puis 6 ans, 11-13 ans, 16-18 ans puis tous les 10 ans. 

Bon à savoir : avant un voyage dans le Tiers-Monde, il est vivement recommandé de vérifier la mise à jour de son état vaccinal et si besoin de faire un rappel : théoriquement, selon les recommandations de l’OMS et en fonction des exigences de certains États, il faut recevoir une dose entre 4 semaines et 12 mois avant le départ. La plupart des hôpitaux proposent une consultation de maladies infectieuses et tropicales dédiée à la sécurité sanitaire des voyageurs.

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